[poésie] Les oiseaux

Nous avons tous cette vision de la mort d’un oiseau.

Écrasé indignement sur le bas côté d’une route.

Sa chair pourrissant sous les coups de la pluie.

Attirant comme un leurre, des colonies parasites.

Ses plumes gorgées de sang qui nous rappellent les lignes rouges sur le plan du métro.

Nous n’en avons que faire de la mort d’un oiseau, puisqu’il y en a des milliers sur Terre.

Ce n’est pas beau, un oiseau.

Je n’aime pas les oiseaux, comme vous.

J’aime les jolies métaphores qu’ils évoquent de tous temps.

J’aime la sensation de liberté qu’ils transcendent.

J’aime leurs plumes, que je collectionne.

Pourtant, je n’aime pas les oiseaux, comme vous.

S’il y avait un oiseau sur Terre qui m’aimait, je lui dirais : « vole ! ».

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